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-17-- Les Spectacles de la Foire.
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vièrc, lieutenant de robe courte, pourle faire conduire èsprifonsdu Châtelet, jufqu'à ce que autrement en- ait été ordonné.
Signé: Bizoton.
(Archives dez Comm., n° -467.)
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II
Le mardi 6° jour du mois de mars 1708, cinq heures de relevée, font comparus par-devant nous Simon-Mathurïn Nicollet, etc.", les fieurs Dufey et Legrand, comédiens du Roi, qui nous ont requis de nous tranfporter «jourd'hui dans le jeu et théâtre du nommé Nivellon, fitué près la porte de la foire St-Germain, au bout de la rue des Quatre-Vents, dans la maifon de Ja Croix-Blanche, faubourg St-Germain, pour leur donner acte de la représentation qu'il fait faire fur fon théâtre des pièces de comédie et en dreffer procès-verbal.
Signé : Nicollet ; Legrand ; Villot-Dufey.
Sur quoi nous commiffaire, etc., fommes à l'inftant tranfporté dans le jeu ct théâtre de Nivellon où nous avons vu un théâtre public et dans la falle d'icelui grand nombre de perfonnes. Après les danfes de corde on a levé une toile et ont paru plulïeurs acteurs comme un arlequin, un docteur, un scara-mouche, une colombine, une fille du docteur, un pierrot, un chanteur et une chanteufe, qui ont formé une efpèce de comédie dont le fujet eft que le docteur, pour raccommoder fés affaires, lève une troupe de comédiens de tous fés domeftiques et répète plufieurs fcènes tirées de différentes comédies et tragédies et parodies burlefques. A chaque fcène un acteur parle feul. Après quoi il fe retiré et un autre vient enfuite. Quelquefois ils font deux enfemble fur la fcène ; l'un parle haut et l'autre répond bas. Quelquefois un acteur, répond quelques mots derrière la perfpective à celui qui eft fur la fcène et qui parle haut, en forte que Ie tout enfemble fait voir un fujet de comédie fuivie. Il nous a paru dans toute la pièce qu'on fe moque des comédiens du Roi, ce qui a fait que nous avons entendu dire à plufieurs perfonnes qui étoient autour de nous: « Les comédiens font bien bafoués là-dedans ! » Dans un endroit Arlequin dit que fon maître le docteur eft fou de vouloir faire une troupe de comédiens, qu'il fe ruinera parce que les comédiens ne s'accordent jamais et fe battent toujours. Il dit même dans la première fcène : « Je crois que la répétition de la comédie va commencer parce que les comédiens fe querellent déjà.» Dans une autre, dit qu'il eft au défefpoir de ne pouvoir parler à fa fantaifie, mais que quelques-uns pourroient bien s'en repentir. Dans un autre endroit ils fe battent fur le théâtre et Arlequin crie à la plainte, à la plainte; enfuite paroiffent plufieurs acteurs et actrices, et un acteur apporte plufieurs livres et lit le titre d'iceux qu'il dit être l'Ari de parler
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